Et ce post sera ma conclusion.
Je fréquente assidûment mon #fablab local. Je crois beaucoup au modèle de ces ateliers collectifs. Malheureusement, la tech y est sur-représentée, l'artisanat en revanche y est très peu présent, alors qu'il y a toute sa place. La parité homme / femme y est une bonne blague (en tout cas dans celui-ci).
Le miens est malheureusement rempli de machos vieille école et de machos un peu plus nouvelle école, qui balaient leurs dérives derrière l'étendard du "geek socialement maladroit".
L'un d'eux m'a dit un jour qu'il n'aurait pas supporté être couturier*, comme moi, parce qu'il avait besoin de défis intellectuels, de stimulations constantes, de challenges auxquels réfléchir, et que c'est pour ça qu'il est mécanicien et automaticien.
Bien sûr j'ai eu envie de lui claquer le museau. J'ai aussi eu envie de lui expliquer longuement pourquoi je ne crois pas à la scission entre sciences dures et molles, ou combien d'années d'études il faut faire pour devenir conservatrice de mode ou historien du vêtement, ou tout simplement passer de "couture flou" à tailleur, de lui montrer des livres comme "pattern magic" de Tomoko Nakamichi, des possiblité infinies de créer des formes nouvelles en textile, de sa parenté avec l'architecture, en somme, de lui expliquer ce que je vous explique aujourd'hui.
À la place, je me suis tue, et j'ai découpé à la CNC des sets de tablettes à tisser et des mini cadres à tisser, comme objets à vendre pour présenter les activités du fablab à un festival local. Résultat : aucun des kits "high tech" n'ont été vendus… Mais presque tous les kits de tissage sont partis.
Heh. Qu'est-ce que je peux ajouter à ça.
VOUS ÊTES LÉGITIMES, peut-être.
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* Edit : vous noterez d'ailleurs comment "couturier" ça veut dire "styliste à la tête d'une grande maison" et "couturière" ça veut dire "petite main dans une grande maison, repriseuse ou ouvrière"
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