En vrac #7

Troisième chargement de camionnette effectué ! À vue de nez, il en faudra encore un, peut-être deux, plus celui de la 15m³ pour les gros meubles. Ce qui donne environ 40-45m³ de saloperies euh de possessions personnelles, dont environ 40% de bouquins. Je me rassure en me disant que comme j’ai fait plein de petits cartons pour qu’ils soient super portables, ça a aussi pris plus de volume utile. Je commence à avoir un peu mal au séant à force de monter et descendre des escaliers avec des charges de 5 à 15kg.


Bon, après avoir pété les roustons à tout le monde pendant un bon mois avec mes histoires de traveler’s notebook, j’ai fini par faire l’acquisition d’un traveler’s notebook. Et j’aime vraiment beaucoup. Agenda, planning et prise de note – jusqu’à maintenant – sont réunis sous une même couverture, sans trop de restrictions de format ou de zone d’écriture, puisque ce sont des booklets qu’on y insère un peu comme on a envie. Il va falloir que j’y ajoute un carnet à croquis aquarellable. Les booklets eux-mêmes ne sont pas bien compliqués à fabriquer maison, il va m’en falloir un de bullet lists et un de guide de calligraphie pour passer le temps. Je partagerai, si ça intéresse.

Image du carnet fermé : une couverture en cuir maintenue par un élastique contenant plusieurs booklets. À côté il y a un stylo rollerpoint rotring 0.5. On peut apercevoir en-dessous un clavier split.

Le carnet ouvert, sur un insert de pochette en papier craft, pour ranger des feuilles volantes et une ou deux cartes de visite

vue d'un booklet d'agenda journalier où tout le mois est visible en une page

vue d'un booklet d'agenda où une semaine est visible par page, avec une page contenant les cases par jour à gauche et une page à droite en regard contenant des séparateurs sur une page quadrillée

Image d'un booklet aux pages lignées vierges

Je me suis offert une TWSBI eco dans la foulée, qui est ma première plume à piston, et une bouteille d’encre d’une jolie teinte vert pétrole au sympathique nom de PERIDOT et maintenant je suis folle je veux toutes les plumes à piston. Enfin, surtout une FPR Himalaya V2-Chrom Taj Mahal Ultraflex, parce qu’une plume à réservoir à bec flexible ça me fait des choses, surtout quand dans la foulée elle ressemble à un morceau de jade veiné.


L’ami Joachim, qui coud de très jolies fringues entre autres choses, a répondu à mon appel de tuto pour se faire un site internet, que je vous relaie ici. Il précise qu’il s’agit d’un tuto pour des personnes ayant déjà quelques connaissances de base, mais qu’il envisage d’en faire un pour les grands débutants. Je ferai suivre quand il sera sorti!

Pensez à votre souveraineté numérique, qui passe aussi par le contrôle des espaces dans lesquels vous vous manifestez et sur lesquels vous publiez votre contenu. Une page perso vaut mille réseaux sociaux, surtout en ce moment où on y suffoque sous les mêlées de trolls d’alt right.


Je me suis offert des livres aussi, notamment « Résister » de Salomé Saqué qui est aux éditions Payot et c’est étrange, parce que je l’ai cherché en premier lieu chez Payot et ils l’avaient pas dans leur catalogue. Ni non plus les deux bouquins sur Emacs et Org mode, mais j’ai tout trouvé dans une librairie indépendante. Je ferai un retour vite sur Résister, je pense, il est pas bien épais mais a l’air super intéressant, c’est l’affaire d’une après-midi. Ça me prendra plus de temps pour le manuel Emacs, qui fait deux bons Livre de l’intranquilité. T’as déjà lu Pessoa? Ah, c’est merveilleux, le sensationnisme de Pessoa. C’est des menteries, ce titre, cela dit, j’ai trouvé le livre de l’intranquilité superbement apaisant. Et puis c’est un personnage, Pessoa. Il a eu plein de noms de plume, chacun avec sa personnalité et son style. Il y a tout autour de lui des légendes et des mystères concernant son accès à une telle quantité de machines à écrire différentes. Mais la mélancolie douce-amère de Soares, saudosismo, ah la vache, c’est quelque chose. J’aimerais tellement pouvoir le lire dans le texte. C’est con, je l’ai rangé, maintenant.


Il fait froid à nouveau. Le ciel se couvre, les encoignures craquent, je frissonne. Je me couvre trop peu, marche en regardant mes pieds, tête baissée contre les bourrasques de vent hivernal qui s’enroulent au long des côtés de mon crâne fraichement rasés. Il siffle dans les gréements, en bas, au port, bat le rythme sur les mats métalliques. Je me figure la lumière cadencée de lampes-tempête vacillant le long de la coursive d’un bâtiment au cœur de la tourmente.

Il court une rumeur à propos de neige qui tomberait, là-bas. Bien sûr il fallait qu’elle revienne maintenant, lorsqu’on ne l’attendait plus, au seul moment où si je la découvre je serai mécontente de la voir. La route m’y intimide. La conduite d’un véhicule de ce poids et de cet encombrement ne m’est pas familière, je la craignais déjà avant la perspective du verglas. Je m’inquiète, panique un peu, me sermonne. Ce n’est qu’un obstacle de plus à surmonter, une aventure, une expérience de plus. Je sais le faire, j’y arriverai. Je suis capable, j’y arriverai. C’est ma montagne, j’y arriverai. J’ai déjà fait bien pire que ça.

Mais que j’aimerais, parfois, que tout ne soit pas une montagne à franchir, ne pas avoir à surmonter, que les choses soient faciles, roulent toutes seules, avoir le choix de ne pas y arriver. Laisser le volant. Pour une fois.

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