Ca vous dit, une petite vidéo de chiot en train de nager? Les bruits ridicules que je fais quand je la félicite et la rassure… je reconnais même pas ma voix
Le cadre est pas mal en soi

Elle a profité de la beauté du paysage pour se prendre pour une sirène

Cette petite, elle a deux personnalités. Chez ses marraine-parrain, où il y a deux chats et trois petits chiens, c’est une tornade qui refuse de rentrer du jardin. Elle trace pas trop les chats, mais applatit joyeusement les petits chiens d’un coup de patte, leur fait des body slam, les colle contre les murs pour leur mettre ses fesses dans le visage, enfin, une vraie petite graine de bully. C’était la première fois que je l’entendais aboyer, je ne connaissais pas sa voix. Et puis là-bas elle ne me connaît plus, tout le monde a des câlins et de l’attention sauf moi.
Et puis on rentre à la maison et je récupère ma petite boule d’amour toute tranquille, patate de canapé entre deux grandes balades qui chahute juste un peu gentiment les chats, qui dort blottie contre moi et me fait de prodigieux câlins du matin en s’allongeant tout le long de moi, la tête lovée dans le creux de mon bras, et me fait des bisous sur le nez. Petite fragile et peureuse, aussi, qui se colle à mes jambes quand on croise des étrangers, un autre chien ou un objet inconnu, qui se roule par terre en couinant et en me montrant dramatiquement sa patte meurtrie par un chardon, et silencieuse comme une image pieuse. Ici on n’aboie pas, on couine un peu et on fait beaucoup de bisous.
Je l’adore, cette petite. J’adore le petit saut qu’elle fait quand je m’apprête à la prendre dans les bras pour monter les escaliers, histoire de m’aider en donnant un peu d’élan. J’adore qu’elle me saute dans les bras pour descendre le long de la rivière avec la certitude que je suis inébranlable et que je pourrai tout gérer et la protéger de tout. J’adore pouvoir la percher sur mes épaules pour monter un carton dans les escaliers en même temps qu’elle sans avoir à faire d’allé-retour, et qu’elle ait confiance tout là-haut, une assise solide, pas un tremblement de peur.
J’adore qu’elle soit si grande pour ses quatre mois, en hauteur mais aussi en comportement. J’adore avoir pu passer presque une journée entière avec elle en alternance entre un buffet et un jardinet et qu’elle ait eu un comportement si exemplaire, sans pleurer, sans protester, sans chercher à s’enfuir, juste calme et douce et parfaite avec les enfants. J’adore qu’elle se montre si prudente avec les autres chiens, qu’elle ne course pas la biche, qu’elle se retourne régulièrement dans les bois pour regarder où je suis et s’il faut revenir. Quatre mois, tout juste.
J’adore ses grandes oreilles de psychopompe, son unique griffe blanche sur la patte arrière droite et ses deux griffe bigoût sur la patte arrière gauche, ses coussinets noirs qui tranchent si spectaculairement avec son pelage fauve clair. J’adore son collier de husky qui définit d’une ligne noire bien nette le contour de sa mâchoire avant de redescendre former une pointe au milieu de son poitrail. J’adore sa précieuse petite truffe, si délicate sur ce puissant museau primitif d’un noir si profond. J’adore ses bisous tout doux et pas baveux, mais un peu mordillants encore. J’adore son odeur de foin. J’adore ses soupirs de bébé qui sonnent graves et profonds comme un étirement de jeune ours.
J’adore son courage qui ne s’entache ni des coups de feu, ni de la remorque à vélo, ni des travaux, sa patience que n’entame ni rester à la maison, ni attendre devant les magasins, ni s’asseoir pour regarder le paysage. J’adore sa curiosité qui m’emmène dans des tours panoramiques, des jardins enchanteurs et des centres commerciaux bruyants. J’adore sa concentration et son enthousiasme qui font qu’elle communique déjà un peu avec des boutons, fait des séances d’éducation en duo avec Murai le chat géant, et ne cesse d’apprendre, découvrir et proposer de nouvelles choses pour pimenter notre quotidien.
Je crois que j’aime mon chien.

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