T’es plutôt du genre à voir le verre plein ou le récipiendaire ?
Apparemment il existe une niche youtube pour les vidéos « turbo BG (russe, toujours des russes bizarrement) qui part camper dans la forêt sous la pluie avec des chiots » et c’est même pas mon algo que j’ai dressé pour qu’elle me trouve… Et eux, où est-ce qu’ils trouvent autant de chiots?
On me glisse dans l’oreillette qu’il y a aussi une niche « va dans une ville abandonnée où y a que des chats et pet les chats »
En fait, comment formuler ça… Je vais appeler ça « le syndrome Genève », c’est-à-dire le moment où j’en arrive au point où j’arrête de me sentir lésée de ne pas pouvoir m’intégrer dans un environnement à cause de tel ou telle casse-noix qui n’existent que pour générer du drama, et où je me dis que c’est plutôt une bénédiction de ne pas réussir à m’intégrer dans un environnement qui favorise l’émergence, la réunion et l’épanouissement desdits casse-noix qui n’existent que pour générer du drama. J’suis pas comme ça; olalalah quelle déchéance personnelle. C’est un peu comme s’en vouloir de ne pas réussir à s’adapter à la syphilis, à la Silicon Valley ou à Windows ME. J’vais me mortifier de mes faillites personnelles en allant lire des bouquins sur John Muir dans les bois avec mon chieeeeen. Non mais sérieux pourquoi je laisse ça prendre la moindre place dans ma vie alors que je pourrais souder des machins ou peindre ou fabriquer du tissu à la place ? J’me fatigue.
Un pote m’a dit « Il m’a fallu me prendre la tête avec un obvious community manager d’areva sur reddit à propos de politique énergétique pour réaliser qu’en fait je m’en foutais et que j’arrête d’utiliser mon compte ». C’est bien d’avoir des potes pour te rappeler que c’est comme ça partout pour tout le monde. C’est bien d’avoir des potes pour te rappeler que t’as des potes, en vrai, aussi.
D’ailleurs tu connais John Muir ? Excellent type, fils de pasteur intégriste, forcément, gamin déscolarisé qui passe ses nuits d’ado à réinventer l’horloge à partir de bouquins empruntés ici et là pour se faire un bureau-réveil automatisé intégralement en bois. J’ai pas encore trouvé de photos détaillées de ses constructions, ni de vidéos, j’espère que ça existe. Lui aussi il refusait de mettre ses inventions sous patentes. Il va à l’université, entre en ingénierie, finit par changer pour la botanique, puis il part référencer le pays à pied. Il chopera le palu en Californie, discutera avec les autochtones en Alaska, dont il trouvera les méthodes éducatives et l’organisation sociale bien plus douces et efficaces que le dressage d’enfants à coups de châtiments corporels et de privations qu’il a reçue dans son Écosse natale. Le reste de sa vie sera consacrée à classer les territoires vierges, toujours à pieds, pour en protéger la faune et la flore. Il écrit, aussi – assez bien pour susciter la curiosité des naturalistes et l’envie de le rencontrer chez Ralph Waldo Emerson – lui-même poète et abolitionniste, tuteur de Thoreau et maître à penser de Whitman. De belles et bonnes gens. C’est à lui – Muir, donc – qu’on doit le parc du Yosemite. C’est un peu le premier grand écolo des Etats-Unis, quoi. Je le range à côté de Benjamin Franklin dans mes gens préférés.
Et puis pour les takes féministes qui énervent, j’ai beaucoup plus de place pour développer des argumentaires pertinents, sourcés et étoffés, ici. Sans avoir à me taper des fâcheux qui me demandent de leur expliquer pourquoi c’est grave, au fond, de réduire l’espace occupé par les meufs à peau de chagrin, de leur pourrir la vie jusqu’à ce qu’elles renoncent à avoir une vie professionnelle, artistique, une présence en ligne, en somme à occuper la place qui leur revient de droit en temps que moitié constituante de la population mondiale. Est-ce que je vais arrêter juste parce que j’ai plus de présence sur aucun réseau social? Probablement pas, non. C’est une tribune plus sûre, et certainement plus retentissante, que de parler dans le vide un post par-ci un post par-là sur un réseau social. Et mon expérience personnelle m’informe que le problème est très loin d’être disparu, donc il y a peu de raisons d’arrêter. Est-ce qu’un peu de harcèlement en ligne va me décourager d’en parler ? Probablement pas. Me faire casser la gueule ne m’a pas découragée d’en parler. En plus, apparemment, je perds pas les gens sympas avec qui je m’entendais bien – ni leur confiance.
Banshee, toute fine et toute fit, avec son changement d’alimentation, a rattrapé sa courbe de poids normale. Elle est plutôt tout en haut pour son âge et son sexe, d’ailleurs. Déjà une boule de muscles (on voit le dessin des tendeurs de sa cuisse, c’est magnifique), déjà chien de traîneau en puissance, je m’attendais à ce qu’elle plafonne autour de 22-25kg à l’âge adulte (un poids plutôt standard-bas pour une femelle husky) mais elle a l’air partie pour atteindre voir dépasser les 30kg (un poids plutôt standard-haut pour une femelle malinois). J’avais pas prévu ça… La seule difficulté que ça va poser, c’est que pour encore huit mois environ, c’est moi qui la descend les deux étages d’escaliers super raides en épaulé ou en sac à patate. Oh well. Les bons côtés, c’est qu’elle prend son poids assez progressivement pour que l’entraînement soit gérable, et qu’à la fin, plus aucune pente ne me résistera à vélo. Ça tombe bien, vu où j’habite.
Tiens, une vidéo d’un chiot avec des chaussettes antidérapantes en bonus

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