Voilà donc j'ai modélisé une pince universelle pour accrocher des trucs sur les étagères de garage de la série IVAR de Ikea (je sais que vous en avez tous, allez).
Il y a un support pour téléphone portable, il est aux dimensions de mon xcover 5, il faudra peut-être le redimensionner pour le vôtre. (oui j'ai un meuble Ivar le long de mon pieu et l'idée c'était de pouvoir charger le téléphone tranquille sans avoir à aller fouiller dans les fringues ou libérer une tablette)
J'ai tout mis là, sur thingiverse (y compris le connecteur tout seul que tu peux coller sur tous tes modèles de supports mais s'il te plaît montre-moi les résultats ça m'éclatera trop)
Tout est partageable et modifiable comme tu veux fais-toi plaisir
Enfin, ce projet tout simple est terminé! Chaque bloc de rangement permet de stocker 12 stylos Copic Sketch, Classic ou Ciao.
J’ai modélisé les crochets à part pour ne pas avoir à utiliser de supports, mais aussi parce que la densité de remplissage compte : le bloc de rangement lui-même peut parfaitement être imprimé à 8-10%, mais les crochets devraient idéalement être imprimés à 50% ou plus pour la solidité. Il va donc falloir un petit point de superglu pour faire tenir tout ça en place…
Ca fait des années que je me complais dans mon petit niveau de dessin sans chercher à évoluer et que je ne suis toujours pas capable de dessiner un paysage correctement. Je suis pas fière de moi. J’aime pas ça. Je préfère être fière de moi. Donc j’ai décidé de me remettre à bosser un peu sérieusement là-dessus.
Il devrait donc y avoir quelques nouveautés dans la rubrique « dessin et design » dans pas trop longtemps.
J’essaye depuis un moment d’être nomade avec mon matériel, histoire de pouvoir faire des études en me baladant, mais ma technique n’est pas optimale, je me retrouve toujours à devoir prendre le « gros sac à dos » qui est du coup souvent vide à l’exception de mon matos de dessin qui s’y promène libéralement, puis je dois transvaser toute ma quincaillerie du petit sac vers le grand, bref, ce n’est pas extrêmement pratique.
Donc, j’ai cherché un folio. Un petit ‘organizer’ pour mettre un carnet de croquis et mon matos. Je n’ai bien sûr rien trouvé de très convaincant. Tu connais la suite… Le folio, c’est évidemment moi qui vais le fabriquer. Première étape, modéliser une petite boite d’aquarelle super compacte (elle fait au final la taille de deux clés USB), parce que ce serait quand même dommage d’avoir tout dans une petite trousse pratique et l’aquarelle qui se balade toute seule dans son coin.
Me reste à trancher si le cuir PU est plus éthique que le cuir végétal et à trouver un bon fournisseur. Je ferai suivre des images du folio (avec probablement un tuto et un patron) quand j’aurai tiré tout ça au clair.
Tu croyais que je m’étais tourné les pouces ces derniers mois, hein, avoue?
Un peu en amont d’un festival consacré aux disciplines numériques cette année, qui avait pour thème la musique, les membres du FabLab que je fréquente ont fait un gros brainstorming pour voir ce qu’on pourrait fabriquer de marrant qui rentre dans la contrainte. J’ai lâché qu’on pouvait sortir une guitare électrique pour moins de cinquante balles avec des mécaniques et de l’électronique pas cher et du bois de recyclage – qui permet en plus une valorisation plutôt sympa de ces déchets sous-utilisés (plutôt que de décimer des espèces en voie d’extinction comme par exemple le palissandre alors qu’on a des supers essences locales comme par exemple le noyer… Si tu ne crois pas aux guitares en bois recyclé, jette un œil du côté de la Red Special de Brian May).
Les choses se sont un peu emballées à partir de là. Taille, forme, tout y est passé : on a commencé par parler de designer un ukulele, puis un ukulele headless pour éviter je-ne-sais-plus-quelle-contrainte…
Et forcément, étant qui je suis, je suis partie en cours magistral
Pour finalement repartir sur une guitare électrique standard, notamment à cause de la difficulté de trouver des pièces standardisées pas trop cher pour un ukulele, headless qui plus est, et du temps que ça prendrait d’en usiner nous-mêmes.
Et puis il y a eu la contrainte de la taille de la surface de travail de la CNC du fablab, qui influait nécessairement sur la taille du diapason de la guitare, donc comment on concevait l’instrument. Pour prendre un peu d’avance, et en anticipant que ce projet risquait encore de changer de forme une bonne dizaine de fois, j’ai décidé de commencer ma modélisation sans mensurations définitives et donc, de pondre quelque chose avec assez de contraintes et de fonctions pour être modifié facilement, sans avoir à tout recommencer de zéro.
Le résultat est un modèle de guitare de voyage
(modélisée sur Fusion 360 – qui est jusqu’à maintenant le standard du fablab) dont la taille peut être modifiée en changeant une valeur dans le tout premier « sketch ».
en suivant la flèche qui part du cadre, on tombe sur la valeur à modifier
Et cette opération modifie automatiquement non seulement la longueur du corps et du manche, mais aussi la position du chevalet et celle des frettes, ainsi que la forme de la cavité et de l’attache du manche, la taille du pickguard et l’emplacement des cavités de contrôle, pour adapter le tout à une gamme chromatique correspondant à la longueur des cordes. Bien sûr, j’ai modélisé tout ça suffisamment paramétrique pour qu’il soit facile de changer la forme de la tête ou le profil du manche (actuellement asymétrique) sans casser toute la guitare à chaque fois.
la taille minimale du diapason est de 250mm, il n’y a pas de taille maximale
De sorte qu’en un clic. on peut se faire un ukulele soprano comme une basse.
J’ai beaucoup joué avec la forme des corps. Celui qui est sur les screens de démo, plus haut, est l’une des itérations mais pas la forme actuelle,
qui ressemble à ça
beaucoup plus symétrique et simple, très proche de celle d’une contrebasse électrique ou d’une guitare de voyage standard. Le modèle de démo ne ressemble pas à une fisher price par goût mais par contrainte : le but étant d’utiliser le moins de bois possible pour le corps (d’où la guitare de voyage) et de faire le moins de retournements possible (donc cavités sur la face avant de la guitare). J’ai fait deux ou trois essais un peu plus excentriques
une guitare classique string through, par exemple
l’idée étant, à terme, d’avoir un grand panel de formes de corps, mais aussi de micros, pour s’amuser à faire des combinaisons selon les envies. Je pensais lâcher le template de la guitare de voyage et un template vierge de corps gratuitement.
Le modèle de guitare de voyage, à quelques détails près qui ont été corrigés depuis, est prêt depuis la fin du mois de mai 2022.
Il y a eu un petit bug au niveau de la profondeur du débord de la tête par rapport à la hauteur de la touche, dont je ne me suis rendue compte qu’en imprimant un proto en FDM
et c’était tellement jouissif d’assembler tout ça que j’en ai fait une vidéo
(avec ma magnifique voix overdaubée)
Puis quand le débord a été corrigé on est passés aux tests CNC, d’abord sur de la mousse
Comme je n’avais jamais touché une CNC, Christoph m’a filé un coup de main pour cette partie. Nous avons passé des heures à galérer pour essayer de sortir un cam correct avec Fusion 360, sans grand succès. Finalement il m’a proposé de balancer le STL dans un petit soft appelé estlcam, qui a produit le joli manche ci-dessus sans faire d’histoires. Reste quelques petits soucis : les trous pour les mécaniques sont un peu foireux, et la finition assez grossière ne dispense pas vraiment d’un bon gros travail de ponçage…
Puis Marc est venu prêter main forte pour des tests sur du bois
Avec pas vraiment de succès non plus. À ce jour, le projet est bloqué à ce stade d’avancement. Et puis les copains-du-FabLab se demandent si on ferait pas mieux de retourner sur un modèle headless… (ce qui heureusement ne demande pas tant de modifications, par contre si tu veux une fanned frets il va falloir attendre au moins que je termine ce projet-là.)
Je voudrais quand même réussir à sortir un bon proto, viable, avant de lâcher les plans, histoire de m’assurer que tout est en ordre pour que tu n’aies vraiment plus qu’à balancer ton modèle dans la CNC, peindre, assembler, souder l’électronique et jouer – en gros, une guitare vraiment pas chère, écolo, modifiable, et livrée « clé en main ».
La musique ne devrait pas avoir de classe sociale, tu crois pas? (d’ailleurs si t’es un grand débutant et que tu veux apprendre gratuitement en autodidacte, il y a des super ressources open source comme par exemple GNU solfège)
Quand tout ça sera prêt, peaufiné, et fonctionnel au poil, je ferai un tuto extensif sur comment modifier chaque partie de ce bébé, posterai les plans, et probablement que pour les locaux il y aura un petit cours FabLab « fabrique ta guitare électrique ».